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Ecritique n°1, 1er semestre 2005.

         La photographie du rocher n’est ni un document ethnologique ni géographique. Elle relève du domaine de l’image et de ce fait appartient à la camera oscura. La photographie est par excellence le médium de la multiplication. La peinture, elle, est du domaine de l’unité. Le terrain du peintre, c’est la matière picturale. J’utilise la tempera sur papier. L’œuvre que je réalise ne cherche pas à «reproduire» une «image picturale» à partir d’une image photographique, mais à faire une peinture. La lumière n’est pas celle du paysage mais une lumière produite dans l’atelier. La couleur n’est pas celle du rocher mais celle du tube déposée sur le support.

          L’image de la caméra peut être irréfutable, mais le caractère physique de la peinture, lui, est irréductible.

      Robert Maggiani

 

 

"LA MER" Exposition à la Galerie Bernheim, Paris, 2009

 

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"DE LA NATURE" Exposition à la Galerie Bernheim, Paris, 2011

 

Les « paysages » récents de Maggiani n’ont pas été peints « sur le motif » mais en atelier. Qu’est-ce qui donc les a motivés, puisque le motif est ailleurs ? 

Pas le souci habituel de représenter, de démarquer le réel. En quelque sorte Maggiani propose des schèmes, des ossatures des supports d’où l’imagination prend son essor, comme dans ses marines d’il y a 2 ans (1ère exposition chez Bernheim), à la limite de l’abstraction. 

2 éléments dominent :

­— l'onirisme : le paysage subit dans la mémoire une réduction drastique, il est réduit à une association de vert et de bleu (toujours les mêmes à peu de chose près d’une toile à l’autre).

la forte affirmation picturale et plastique : paysages monumentaux, à la picturalité élaborée : peinture à tempera sur papier marouflé qui maintient une remarquable matité propre à valoriser chaque touche.

Vert des arbres traité par masses, uniformité du ciel bleu dont l’intensité le met au même niveau que les arbres, sans effet perspectif intempestif. On est intégralement dans le signe, et Maggiani retrouve à cet égard les schèmes structurants qui étaient déjà les siens dans ses « rochers à marée basse » d’il y a quelques années, en particulier une structure en accents circonflexes convexes, une constante chez lui.

La peinture vient ici avant le paysage. C’est d’elle que le paysage tire ses qualités suggestives et sa conviction, pas l’inverse.

François Derivery, mars 2011

 

 

EXPOSITION ROBERT MAGGIANI B.J 2011 002

 

EXPOSITION ROBERT MAGGIANI B.J 2011 004

 

EXPOSITION ROBERT MAGGIANI B.J 2011 005

 

EXPOSITION ROBERT MAGGIANI B.J 2011 012

 

 

 

 

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