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DU TABOU DU DESSIN DANS L'ENSEIGNEMENT DES ARTS PLASTIQUES

par Martine Salzmann

 

L’enseignement du dessin n’a aujourd’hui pour ainsi dire aucune place dans les lycées et collèges. Il n’a pas complètement disparu des programmes, mais il est considéré comme une technique parmi d’autres, comme si son importance pour la formation de l’esprit avait disparu. Pire, ce qui relève de la connaissance par le dessin est considéré comme préjudiciable à l’expression.

 Cette disgrâce a une histoire qui semble débuter avec mai 1968. À l’époque il était reproché à l’enseignement du dessin de se réduire à l’étude des plâtres. Ces exercices interminables et fastidieux sont restés dans la mémoire collective comme la preuve du bien-fondé de la révolte des étudiants des Beaux-arts. Mais ce discrédit a marqué les esprits sans révéler la véritable source du malaise. Car plus que la difficulté de ces exercices, c’est l’exigence d’une exécution mimétique et mécanique qui était la cause de ce rejet. L’enseignement du dessin reposait sur l’observation et manquait d’analyse [1].

Le tabou actuel mis sur le dessin semble être la suite logique de cette remise en question.

Le lien entre la remise en question du dessin en mai 68 et le tabou actuel n’est pourtant qu’une apparence.

Depuis les années 1960-70, l’expression arts plastiquesdésigne les pratiques artistiques qui se construisent sur la rupture moderne et la remise en question de l’académisme. On a oublié que la plasticité, c’est-à-dire la qualité transformable et modelable de la matière, pose des questions à l’esprit qui ne sauraient être balayées d’un revers de main. Les arts plastiques ont d’ailleurs longtemps désigné les arts du modelage tel que la sculpture, la céramiqueet l'architecture.

Conformément à leur nouvelle définition, les arts plastiques aujourd’hui se doivent  de remettre en cause les hiérarchies héritées de l’académie des Beaux-Arts, d’intégrer les pratiques avant-gardistes et de questionner le statut de l'œuvreet le rôle de l'artiste dans la société.

Cette approche semble évidemment découler de mai 68, d’autant que la transformation radicale de l’enseignement artistique débuta dans les mois qui suivirent les événements. La création d’une première U.E.R d’arts plastiques en janvier 1969 à la nouvelle université de Vincennes-Paris VIII, donna l’impression que la révolution de mai 68 s’incarnait dans cette nouvelle discipline. Certains traits constituants, comme un intérêt pour le travail collectif, l’engagement dans l’acte, une volonté de rupture avec le passé et bien sûr le refus de toute contrainte, accentuaient cette perception.

Mais l’idée est trop romantique pour être vraie et les faits qui la contredisent, permettent de comprendre pourquoi les arts plastiques ont au contraire évolué vers une rapide et radicale asphyxie des espérances les plus vivantes et les plus intéressantes de mai 68. 

...

Information extraite du document PDFDu dessin aux arts plastiques Repères historiques et évolution jusqu'en 1996, Marie-Jeanne BRONDEAU-FOUR et Martine COLBOC-TERVILLE, (site éducnet arts plastiquesde l’Académie de Nantes).

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